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Journée d'étude sur le rêve

Journée d'étude sur le rêve

Journée d’étude sur le rêve, le 21 septembre 2017, MSH, salle 220

Programme

10h15 : Claire Pagès (Université François Rabelais, Tours)

Le sommeil, un monde privé ?

Résumé : On conçoit souvent le sommeil comme une forme d’absentement à la communauté. Héraclite disait ainsi que « pour les gens éveillés, il n’existe qu’un monde, qui est commun, alors que dans le sommeil chacun se détourne vers un monde qui lui est propre ». Nous proposons de discuter cette thèse selon laquelle le sommeil serait une plongée dans l’intériorité qui viendrait suspendre le rapport du dormeur au monde extérieur. Il s’agit pour nous d’analyser différentes manières dont le « commun » continue de façonner le sommeil et l’activité onirique.

13h45 : Ludwig Crespin (PHIER)

Quel genre de sujet est le sujet qui rêve ?

Résumé : Les rêves ne sont pas seulement une expérience consciente quasi perceptuelle qui semble se déployer indépendamment de la volonté du sujet. En plus de ce « panorama perceptif changeant, il y a (…) un accompagnement plus ou moins continu de réflexions et d’attitudes, ainsi que, par moments, des indices clairs de pensée inférentielle, de remémoration, de décisions, de sentiment de volonté, et bien sût d’émotions » (Snyder, 1970). Le sujet évalue sa situation dans le rêve, y réagit émotionnellement, fait des inférences, et décide d’agir dans le rêve comme il le fait dans la vie réelle (Snyder, 1970 ; Kahn et Laberge, 2011). Mais dans quelle mesure ces opérations mentales sont elles celles d’un authentique sujet conscient ? Plus spécifiquement : le rêveur jouit-il d’une certaine agentivité – un certain contrôle cognitif sur ses pensées dans le rêve et à propos de ce qu’il y vit – ou bien n’est-ce qu’une illusion ? Après avoir pris le temps de restituer les principaux arguments que nous avons soutenu dans notre thèse sur le statut du sujet rêvant (2016) – argument qui aboutissent à traiter le rêveur comme un sujet conscient capable d’un contrôle cognitif à courte vue - , nous soumettrons à la discussion une nouvelle piste de recherche : peut-on espérer avancer sur la question du contrôle conscient en comparant méthodiquement les propriétés des discours que nous tenons en tant que sujet rêvant (syntaxe, pertinence par rapport à l’expérience onirique) et celle des discours tenus par les personnages de nos rêves (sur lesquels nous ne semblons pas plus avoir de contrôle que sur le déroulement de l’imagerie onirique) ?

15h15 : Bernard Lahire (Professeur de Sociologie, ENS Lyon)

Les rêves : un objet pour les sciences sociales

Résumé : L’histoire de l’étude savante des rêves est marquée par la présence massive de la psychanalyse, de la psychologie cognitive et de la neurobiologie, et par la contribution très marginale des sciences sociales. L’objectif du projet de recherche présenté est de parvenir à constituer le rêve en objet d’étude pour les sciences sociales à partir d’un programme dispositionnaliste et contextualiste qui pense le rêve au croisement 1) des éléments les plus récurrents du patrimoine de dispositions du rêveur, 2) des circonstances récentes qui ont suscité le rêve en question en réveillant certains schèmes incorporés et 3) du cadre spécifique du sommeil.

Organisation : Ludwig CRESPIN