9ème Goûter du PHIER Vendredi 1 Avril 2016 à 15h00

9ème Goûter du PHIER Vendredi 1 Avril 2016 à 15h00

Pour sa 9ème séance, les Goûters auront le plaisir d’accueillir, le vendredi 1 avril à 15h00 amphi 220 de la MSH, Sacha Leduc, sociologue à l’UdA, pour une conférence intitulée « De la philosophie à la sociologie, un aller sans retour ? »

Ancrées dans une sociologie empirique qui s’appuie sur les apports de la sociologie critique, les recherches de Sacha Leduc portent principalement sur le durcissement de ce qu’il nomme le « ressentiment social » dans les rapports sociaux au travail. Son travail montre que lorsque le sentiment d’insécurité sociale et les contraintes pesant sur les salariés sont forts, le ressentiment social s’exprime de plus en plus vis-à-vis de l’autre au travail : des collègues qui ne s’investissent pas assez au travail, des services juridiques et administratifs qui ralentissent le travail, des usagers et des clients perçus comme des obstacles à la réalisation du travail. A partir d’études de terrain variées, il dévoile ainsi les logiques structurelles et collectives qui poussent certains travailleurs à questionner et contrôler le rapport de l’autre au travail, sa moralité, sa loyauté et ses compétences.

Pouvant aisément être reconnu en termes d’anxiétés sociales justifiées ou injustifiées, le ressentiment social touche principalement des groupes sociaux qui connaissent une baisse sévère de leur statut social, professionnel et/ou économique. S’exprime alors un besoin de trouver un responsable de leur situation sociale afin de retrouver un ordre juste du monde. L’agressivité se dirige contre ceux qui pourraient leur prendre quelque chose, au sens économique ou en matière de statut social.

L’utilisation par un sociologue d’un concept de philosophie pour décrire un phénomène social permettra de discuter de la place de la philosophie en sociologie, de ses apports et de ses limites à la fois en termes de méthodologie mais aussi de légitimité académique. Cette présentation sera également l’occasion de revenir sur le poids inégal des héritages anglo-saxons et allemands dans la sociologie française d’aujourd’hui.

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